Windows 8 Consummer Preview

Si vous vous intéressez de près ou de loin aux technologies de l’information, vous ne pouvez plus l’ignorer : Windows 8 est sur les rails ! En effet, depuis début mars, Microsoft diffuse une pré-version appelée Consummer Preview, téléchargeable par le quidam afin de tester la nouvelle mouture du système d’exploitation le plus populaire du monde. Et après quelques heures passées à explorer la bête, on est en droit de se demander : Microsoft serait-il en train de se planter ?

Ce n’est une nouvelle pour personne, le géant de Redmond n’a jamais été à la pointe de l’innovation : la success-story économique de l’entreprise s’est essentiellement bâtie sur sa capacité à reprendre à son compte les bonnes idées des autres, en les packageant et en les markétant à la perfection. Une stratégie de moins en moins payante… Depuis le début des années 2000, Microsoft n’en finit plus de louper des virages dans la sinueuse route vers la suprématie technologique : moteurs de recherche (qui utilise Bing ?), navigateurs (Internet Explorer perd de plus en plus de parts de marché), réseaux sociaux (quasiment personne ne connaît so.cl), smartphones (introduction tardive et laborieuse de Windows Phone)… Microsoft fait figure d’outsider sur de nombreux plans !

Dernier virage en date : celui des tablettes tactiles. Alors qu’il avait raillé le lancement de l’iPad (tout comme celui de l’iPhone en son temps), la situation tourne au drame pour Steve Ballmer : les tablettes sont maintenant présentées par les analystes comme le killer du PC. D’après IDC, au quatrième trimestre 2011, les ventes d’iPad (15,4 millions) ont dépassé les ventes de PC des 3 ténors du marché : Dell (11,9 millions), Lenovo (13 millions), et même HP (15,1 millions). Qu’en sera-t-il pour 2012 ? Si la prophétie se réalisait, ce serait à n’en pas douter le coup de grâce pour Microsoft, dont la stratégie principale a toujours reposé sur la domination du parc Windows.


L’ultime riposte de l’éditeur à cette métamorphose du marché, c’est donc Windows 8. Avec cette nouvelle version, Steve Ballmer espère anticiper la disparition des PC tels qu’on les connaît, en proposant un système d’exploitation qui fonctionne aussi bien sur tablette tactile que sur laptop/desktop. Pour l’utilisateur, c’est une véritable révolution puisque la nouvelle interface graphique a d’abord été pensée pour un usage sans souris. Ainsi, sur un PC classique, on est totalement dérouté par ce design grossier à base de carrés monochromes, par l’absence de menu démarrer (vaguement mélangé avec le bureau et les widgets, dans une interminable liste à défilement horizontal) et même, ultime sacrilège, par la disparition des fenêtres ! Car toutes les applications seront obligatoirement affichées en plein écran, à l’exception d’Office qui aura droit semble-t-il à un traitement particulier… Certes, le système reste utilisable à la souris (les coins de l’écran permettent de déclencher des actions, comme le retour à l’écran d’accueil), mais les adaptations consenties sont assez catastrophiques sur le plan ergonomique. On est donc en droit de se demander comment sera accueillie cette nouvelle IHM, en particulier sur un poste de travail en entreprise, où la productivité est primordiale.

Mais la révolution ne s’arrête pas à l’interface, les développeurs devront également revoir beaucoup de choses sur le plan technique. Après le bide de Silverlight (récemment abandonné, quoi qu’on en dise), l’éditeur introduit un modèle de programmation appelé Windows Runtime, ayant pour objectif d’intégrer les technologies Web au coeur de Windows. Concrètement, les applications seront publiées sur un Windows Store (quelle trouvaille !) et tourneront dans un navigateur « masqué », avec une forte intégration au système d’exploitation. L’idée est donc de maximiser l’expérience utilisateur, tout en unifiant le modèle de développement. La contrepartie, c’est que le programmeur devra gérer une multitude de problématiques propres aux devices nomades : économie des ressources pour soulager la batterie, orientation de l’écran, qualité du réseau… Bref c’est plus compliqué qu’avant, surtout quand l’application développée n’a pas vocation à être utilisée autrement que sur un PC standard. L’adoption de ces technologies par la communauté n’est donc absolument pas garantie…

Avec Windows 8, Microsoft, contraint et forcé, fait donc un pari extrêmement risqué : celui de la convergence PC/tablettes. Cette stratégie sera-t-elle payante ? Pour ma part, j’ai le sentiment que la transition vers l’ère post-PC est menée de manière assez maladroite et je ne suis pas sûr que les professionnels, pas plus que le grand public, n’y soient favorables. Même Apple n’a pas encore sauté le pas, alors qu’il en a clairement les moyens. Une sage décision ?

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