Un intrus parmi ce monde

Allez, je me lance. Je vous préviens, je ne sais pas encore où je vais en écrivant ces premiers mots. Je suis juste en manque d’écriture. Ce blog me manque alors, j’ai décidé d’écrire. Bon ok, ça ne fait qu’une grosse semaine d’absence mais tout de même.

Je m’y suis attaché à ce petit espace de liberté. Ce site me permet de vous dire ce que je pense, ce que je vis, ce que je garde souvent pour moi dans les repas entre amis ou  en famille. Je suis quelqu’un de calme, parfois trop calme. Toutefois, je suis souvent indigné et révolté par ce qui se passe autour de nous, par le comportement des gens, par notre société en général. Et écrire est pour moi un exutoire pour tout ceci.

Je me sens souvent seul lorsque j’ose exprimer mes pensées à voix haute. On me traite d’utopiste, de pirate. On ne me prend pas au sérieux. Au moins, ici, personne ne m’a encore jugé de la sorte (ou presque).

Le problème est que je ne me sens plus à ma place dans cette société consumériste et égocentrique. Je rêve de changer les choses mais plus je propose, plus j’interpelle, et plus je me rends compte que personne ne souhaite changer réellement sa façon de vivre. Et pourtant, j’entends les reproches fuser de toutes parts envers nos dirigeants politiques. Mais au final, on retrouve toujours les mêmes en bout de course. En France, on s’enferme dans le duel PS-UMP. Aux USA, c’est Républicains-Démocrates.

Le peuple se complait dans ce système. Pire, il cherche de plus en plus à se renfermer sur lui-même. La peur des autres et l’égoïsme nous conduit à la réapparition de courants extrémistes dignes d’une autre époque. Nous suivons la mauvaise direction et personne ne semble vouloir nous remettre sur le bon chemin. Pendant que les éditorialistes cherchent à comprendre le vote FN, les vrais problèmes restent sur le côté.

L’égoïsme, voilà le vrai mal de notre monde. Chacun pense à soi et sa petite famille. Il faut amasser le plus d’argent possible, avoir une maison digne de ce nom, etc… Peu importe si pour arriver à cela, d’autres personnes sont exploitées, ou si la Terre est polluée. L’important, c’est NOTRE objectif. C’est ce mode de fonctionnement qui nous conduira à notre perte, notre perte à TOUS.

Le système monétaire y est pour beaucoup dans cette bérézina. A la base, la monnaie a été inventée pour donner une valeur aux choses. Ainsi, un poulet valait autant de pièces de bronze et non plus un demi cochon ou alors 3 pots de lait de vache bien remplis. C’est pour cela que la monnaie existe. Or maintenant, la monnaie a été détournée de sa fonction première. On sent bien que la machine s’est enrayée et que nous utilisons de l’argent pour faire de l’argent sans même en avoir eu entre nos mains. Qu’est-ce donc que ce néo-capitalisme financier ? La caste la plus rémunérée est celle qui ne produit rien de concret pour notre vie quotidienne. Elle joue avec de l’argent virtuel pour créer encore plus d’argent virtuel. Jusqu’au jour où l’on se rend compte que cet argent virtuel n’a plus aucune valeur dans la vie réelle et tout s’effondre.

Nous avons confié notre destin à nos banquiers. Nous avons abandonné nos rêves de prospérité au monde financier. Les traders en ont profité pour créer un nouveau système reposant sur la spéculation effrénée, au détriment des populations fragiles. Désormais, quand vous êtes affaiblis, on ne cherche plus à vous aider mais on parie sur vos chances de survie. Voilà le monde dans lequel nous vivons. Cette société a poussé le cynisme à son paroxysme.

Au milieu de tout cela, je suis là, ébahi devant les insanités que l’on nous assène chaque jour. Alors, pour ne pas me tirer une balle devant ce constat pour le moins fataliste, je réfléchis sur un autre mode de vie. Je m’évade pour un temps dans un monde où le partage, la solidarité, la compassion sont des mots pleins de sens. Un monde où chacun serait respectueux de son voisin. Un monde où l’on comprendrait que nous nous partageons un gâteau qui n’est pas infini et où les parts seraient égales pour tous. Un monde où la préservation de notre planète serait une priorité. Malheureusement, les mentalités actuelles nous empêchent de réaliser ce rêve. Mais c’est bien là le seul obstacle. Si nous le voulions, nous en serions capables.

Quand je vois ce qui se passe en France depuis maintenant plus d’une semaine, je songe à devenir une espèce d’ermite, sans le côté religieux du terme, dans un pays lointain, passant mon temps à cultiver ma nourriture et élever des bêtes. Je me souviens d’un passage dans le cycle Fondation d’Asimov, où une planète nommée Solaria est composée uniquement de 1200 hommes, répartis sur 77 millions de km². Ils ont trouvé ainsi dans cet isolement étroitement surveillé et contrôlé la façon optimale de vivre en société. Finalement, je pense que les solariens n’ont peut-être pas tort sur ce point. Nous sommes incapables actuellement de vivre harmonieusement tous ensemble. Tant que nous n’aurons pas évolué, je resterai un intrus parmi ce monde. Ai-je des centaines d’années d’avance ou des milliers d’années de retard ? Je n’en sais rien. Mais je ne continuerai pas longtemps à alimenter ce système voué à un échec certain…

Publicités

3 Responses to Un intrus parmi ce monde

  1. Zegnou says:

    Drôle de vie que nous vivons. Au fond je pense que l’Humain ne s’aime pas. Déjà en 1949, l’anthropologue Fairfield Osborn dans son remarquable ouvrage « La planète au pillage » faisait remarquer que l’espèce humaine était une des seules (avec les fourmis) à organiser des massacres à très grande échelle à l’intérieur d’une même espèce. C’est malheureusement dans notre nature de nous détruire, sous toutes les formes possibles et imaginables. Sans doute sommes nous trop conscients de nos propres limites dans ce monde étriqué au milieu d’un univers hors de notre portée, et elles nous sont insupportables. Notre aliénation par le travail et l’argent ainsi que la soumission au superflu sont sans doute une manifestation « moderne » de ce désir morbide qui nous habite…

  2. Lolo en Sucre says:

    Dostoïevski disait : « la beauté sauvera le monde ». Pour moi le constat est là. On en manque terriblement. La nature humaine est peut être vile à la base, peut être pas. N’oublions pas qu’en tout temps toutes heures, il y a de la résistance face à l’horreur. Ce que tue l’homme c’est ce fatalisme qui nous fait dire que tout est « normal » et qui nous perd.
    Le court termisme c’est ce qui nous bloque.

  3. Raf says:

    Courage à tous
    ma phrase est courte mais c’est ce qu’il y a en moi à essayer de transmettre
    Car tant qu’il y aura des hommes il y aura la vie, la beauté s’exprime également par des mots comme les votre, et pas seulement par l’aspect de notre nature brute.
    Moi lorsque je perds espoir, dans cette société ou dans ma place dans le monde etc. Eh bien je me retrouve en vous, dans l’inconnu qui écrit ou celui qui parle à sa manière sur un bouquin ou sur un journal.
    Pardonnez ma simplicité mais c’est ce à quoi je souhaite me retrouver dans l’autre.

    Et encore courage et éspoire
    Raf

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :