Utopia de Thomas More: une utopie réalisable?

Je suis tombé récemment en lisant La Révolution Des Fourmis de Bernard Werber, sur un passage décrivant succintement l’utopie de Thomas More. Cela m’a intrigué et j’ai décidé de vous en faire un petit billet.

Sachez d’abord que le livre de More est disponible gratuitement et sous plusieurs formats ici.

Mais comme je suis gentil, je vous recopie un descriptif de la société imaginée par ce Thomas More en 1516. J’avoue tout de suite que c’est une copie de ce site.

Il pensait que la première qualité d’une société utopique était d’être une société de liberté. Il decrit ainsi sa société idéale : 100 000 habitants vivant sur une île. Les citoyens sont regroupés par familles. 50 familles forment un groupe qui élit son chef, le syphogrante. Les sygrophantes forment eux-mêmes un Conseil qui élit un prince sur une liste de quatres candidats.
Le prince est élu à vie mais on peut le démettre s’il devient tyran. Pour les guerres, l’île d’Utopia utilise des mercenaires : les Zapolètes. Ces soldats sont censés se faire massacrer avec leurs ennemis durant la bataille. Comme ça l’outil se détruit dès usage.
Il n’y a pas de monnaie, chacun se sert au marché en fonction de ses besoins. Toutes les maisons sont pareilles. Il n’y a pas de serrure et tout le monde est obligé de déménager tous les dix ans pour ne pas s’enraciner. L’oisiveté est interdite.
Pas de femmes au foyer, pas de prêtres, pas de nobles, pas de valets, pas de mendiants. Ce qui permet de reduire la journée de travail à 6h.
Tout le monde doit accomplir un service agricole de deux ans. En cas d’adultère ou de tentative d’évasion d’utopia, le citoyen perd sa qualité d’homme libre et devient esclave.
Il doit alors travailler beaucoup plus et obeir.

Voilà donc d’où nous vient le mot « utopie ». Thomas More avait inventé ce mot à partir du grec utopos signifiant « qui ne se trouve en aucun endroit ». Désormais ce mot désigne une idée irréaliste.

Certaines idées sont très intéressantes dans cette oeuvre. D’abord, la liberté est fondamentale. Pour fonder une société heureuse, la liberté doit en être le socle. Ensuite, l’absence de monnaie peut amener à sourire pour certains mais elle demande à être considérée avec plus d’attention.
Dans cette île de 100 000 personnes, pas de système financier. Tout repose finalement sur un service obligatoire d’approvisionnement du marché. Comme serait notre service militaire par exemple. Donc au lieu de faire des parcours du combattant, les habitants cultivent et fournissent la nourriture gratuite aux habitants. Vu que l’oisiveté est interdite, chacun est utile pour la société et produit donc ce dont la société a besoin. La monnaie n’a ici aucune raison d’être.

A plus grande échelle, on comprend bien que ce système est plus difficile à mettre en place. Convaincre chacun de produire gratuitement les ressources nécessaires à la communauté risque d’être légèrement difficile… Mais pourtant, l’idée ne semble pas si absurde.

Le système de gouvernance imaginé par More n’est pas à mon sens le plus efficace. L’idée d’un prince élu à vie avec la possibilité de le démettre n’est pas une bonne solution. J’aurai préféré voir un tirage au sort du prince avec une durée limitée de gouvernance. Mais nous aurons l’occasion d’en reparler…

Toutefois, avec Utopia, Thomas More nous montre qu’une nouvelle forme de société est possible. Il y a encore des imperfections, c’est sûr mais pour un livre écrit en 1516, je trouve que ce n’est pas si mal. Ne pourrait-on pas s’en inspirer un peu?

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2 Responses to Utopia de Thomas More: une utopie réalisable?

  1. Nonor says:

    S’inspirer d’une oeuvre qui s’appelle Utopia? Euuuh ouai…
    C’est compliqué, toujours pour la même raison qui fait que toi et moi nous ne sommes pas d’accord, tu suppose que tout être humain est fondamentalement bon, et qu’il cherche la paix. Je suis admiratif de ton abnégation, mais peu de personnes sont comme toi, la majorité sont jaloux, envieux et égoïste. J’en fais parti…
    Il y a une chose que je retiens cependant, la déprofessionnalisation de la vie politique, la jour où nous y viendrons, les hommes/femmes politiques oeuvrerons réellement pour le bien de tous. Et rien que ca, ce serait fantastique

  2. Alcuinn says:

    Je l’ai lu il y a quelques années, par curiosité aussi. Des idées intéressantes, mais (pour autant que je me souvienne) il semble assez strict avec les droits et devoirs. Le « système » me semble assez lourd dans son ensemble.

    Il ne faut pas oublier non plus, que c’était pour More une manière de critiquer la société de son temps, avec toute la prudence nécessaire : il ne blâme pas explicitement, mais il montre ce qui lui semble mieux. (Il présente même cela comme le « récit d’un voyageur » qu’il aurait retranscrit, histoire de mettre de la distance entre les idées et lui, et donc de ne pas être inquiété.)

    Pas parfait, mais ça vaut le coup d’être lu 🙂

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