Teikeis et AMAP : la nouvelle relation Producteur-consommateur

teikeiLa mondialisation a complètement transformé le lien qu’avait le consommateur avec le producteur. Désormais, rares sont ceux qui s’inquiètent de l’origine des aliments présentés dans les rayons des grandes surfaces. Le circuit de distribution est devenu un enchevêtrement d’intermédiaires qui ont réussi d’une part à augmenter les prix de vente et de l’autre à appauvrir (si ce n’est asservir) l’agriculteur. Face à ce constat désarmant, les AMAP en France et les Teikeis au Japon sont une bouffée d’oxygène pour ceux qui souhaitent sortir de ce système.

 Une initiative japonaise

C’est au Japon que l’alternative à cette agriculture mondialisée et normalisée est apparue via les Teikeis (Partenariat en français). Dans les années 1960, les japonais ont dû faire face à la propagation des nouvelles pratiques agricoles dites à haut rendement. Les agriculteurs ont été poussés par le contexte économique de l’époque à produire davantage et ont donc introduit les engrais, pesticides et herbicides dans leurs cultures. Mais en parallèle, la population a commencé à s’inquiéter des effets sur la santé de ces produits chimiques et ont été confortés dans leurs doutes avec la catastrophe de l’eau de mer polluée au mercure après une fuite dans une usine électrochimique.

C’est ainsi que sont nés les Teikeis. Ce sont des japonaises, mères de famille, soucieuses de l’avenir de l’agriculture qui ont eu cette initiative, rejoints par les petits producteurs refusant les nouvelles méthodes agricoles. Ils ont créé ensemble de petites communautés où le producteur fournissait directement aux consommateurs ses produits en échange de leur souscription à sa récolte. Pour simplifier, les consommateurs possèdent une part de la récolte de l’agriculteur qu’ils ont acheté à l’avance. Puis chaque semaine ou deux fois par semaines, ils viennent chercher les produits récoltés par le paysan. En échange de cette souscription aux récoltes, le producteur s’engage à ne pas utiliser de produits chimiques dans son exploitation. Ils ont ainsi mis en place une charte regroupant l’ensemble des principes fondateurs du Teikei.

Ce nouveau système agricole s’est ensuite exporté en Amérique du nord avec les CSA (Community Supported Agriculture) puis en France avec les AMAP (Association pour le Maintien d’une Agriculture Paysanne). En 2009, on comptait environ 1200 AMAP en France et leur nombre ne cesse d’augmenter.

Une toute autre philosophie

A première vue, on peut être tenté de réduire ce système à un simple circuit court de vente. Mais le concept est bien plus riche que cela. Comme l’atteste la signification même du mot Teikei, il s’agit d’un partenariat, d’une collaboration entre des consommateurs et des producteurs. Cette relation modifie d’ailleurs les rôles de chacun. Certains parlent d’ailleurs de consom’acteurs.

Les adhérents prennent part à la distribution en intervenant bénévolement dans la conception des paniers de fruits et légumes qui seront distribués à chacun. Mais ils participent également parfois aux récoltes. Il est courant, surtout au Japon, que les adhérents prêtent main forte au cultivateur afin de récolter les légumes qu’ils auront plus tard dans leur panier. Certains sont même prêts à remplacer l’agriculteur si celui-ci doit s’absenter ou est immobilisé par un soucis de santé.

Il ne s’agit plus ici de relation vendeur/client. D’ailleurs, le mot même de vente est souvent absent des discussions. Aucune somme d’argent n’est échangée lors de la remise des paniers puisque les adhérents achètent la part des récoltes au tout début et pour une période d’un an ou d’un semestre selon les modalités du contrat. Il s’agit plus d’une nouvelle forme de troc plutôt que d’une simple vente. Les japonais considèrent que l’argent versé en début d’année n’est que la juste rétribution du travail de l’agriculteur. Ils récompensent ainsi son labeur. En aucun cas, ils disent acheter leurs aliments.

Tout repose sur la confiance et l’entraide. Personne n’est là pour contrôler le contenu des paniers. Il n’y a pas de portique de sécurité sonnant à chaque étiquette suspecte suivi d’un vigile bourru vous ordonnant de vider votre sac. Le respect est une valeur centrale dans ces communautés. Respect de l’autre mais aussi respect de la biodiversité et de la santé.

Vous ne verrez pas dans les AMAP des tomates en décembre. Vous ne verrez pas non plus dans les hangars du producteurs des tonnes d’engrais ou de pesticides. La culture bio est le socle du système. Même si au Japon, tout repose encore une fois sur la confiance. Ils ne souhaitent pas passer par les instances de certification imposant parfois des règles qui ne sont pas adaptées aux particularités locales. Ils font confiance en leur relation fraternelle voire familiale. Certains teikeis ont mis en place leur propre organisme de contrôle afin de contrecarrer les tentatives de réglementation de l’Etat. De plus, la certification au bio a un coût qu’ils ne souhaitent pas avoir à supporter. En France, les AMAP insistent surtout sur le circuit court et la saisonnalité, moins sur le bio même si les principes de l’agriculture biologiques sont aussi souvent respectés. Ceci pour les mêmes raisons qu’au Japon. Les agriculteurs ne souhaitent pas forcément avoir le logo AB et devoir payer des sommes importantes pour la certification. Les prix restent donc raisonnables. Le producteur gagne un revenu décent en supprimant les marges des intermédiaires et le consommateur paye environ le même prix voir moins qu’en grande surface pour un produit de meilleure qualité.

La solidarité et l’entraide intervient également en cas de mauvaise récolte. L’ensemble des membres en assume les conséquences et soutient l’agriculteur.

 

Ces systèmes ont complètement hacké le modèle actuel de distribution des produits agricoles mais également la méthode de production. Mais au delà, on observe également la création d’un nouveau lien social. Et c’est finalement ce qui manque cruellement à notre société aujourd’hui. Mais la généralisation de ce système va à l’encontre des principes de la mondialisation. La population est habituée à manger des bananes et des tomates en hiver. Mais surtout elle s’est habituée à un certain confort (ou dépendance?) dans son acte d’achat. Pour certains, il est inconcevable de devoir aider son fournisseur et devoir partager ses pertes. Il reste un gros effort de communication et d’acculturation à produire. Mais les Teikeis et les AMAP nous montrent une nouvelle voie qui pourrait bien être notre échappatoire à cette course folle au rendement et au progrès instiguée par  l’agro-industrie.

Article initialement publié sur http://www.excentrz.fr

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Le BRF laboure les certitudes de l’agro-industrie

Moisson-sous-peupliers-vezenobres_4Depuis quelques années maintenant, les médias ne cessent de nous parler de la crise de l’agriculture. Les agriculteurs français ne se gênent d’ailleurs pas pour se faire entendre à propos des quotas qu’on leur impose ou des aides trop maigres de la PAC… Pourtant, certains ont décidé de faire autrement et de renoncer à ce fatalisme. Au lieu de rester enfermés dans le système agricole actuel dominé par les industries chimiques, ils ont hacké le processus en reprenant une technique dite des BRF.

De l’arbre à la carotte

BRF pour Bois Raméal Fragmenté. Ce nom un peu barbare nous vient du Québec et plus précisément de Gilles Lemieux et Lionel Lachance, membres du Département des Sciences du Bois et de la Forêt de l’Université Laval . Initialement, il s’agit donc de recherches dans le domaine forestier. Le but recherché était de résoudre les problèmes de terres arides en y réimplantant une forêt par le biais du BRF. Mais après les résultats probants observés, ils ont émis l’hypothèse que les propriétés du BRF pouvaient être bénéfiques à d’autres régions du monde mais aussi à d’autres domaines et notamment le maraîchage et l’agriculture dans son ensemble.

La technique repose sur les nutriments et autres éléments actifs contenus en abondance dans les rameaux des arbres feuillus. C’est dans cette partie de l’arbre que l’on observe la plus forte concentration d’éléments nutritifs qui permettront par la suite la formation de feuilles et de fruits. En coupant ces rameaux et en les incorporant dans le sol après les avoir déchiquetés, le sol va pouvoir se régénérer, se reconstruire et permettre de faire pousser des plantes là où auparavant rien ne sortait de terre. Ce phénomène biologique est appelé pédogenèse.

Actuellement, les techniques agricoles consistent à répandre des engrais chimiques, des pesticides et fongicides sur les cultures afin de leur permettre de pousser sur un sol de plus en plus fatigué. Si l’on traverse l’océan, l’industrie agroalimentaire fournit même des semences génétiquement modifiées afin de pousser correctement et de résister aux différents produits qu’on leur administre. Ces méthodes de rendement à court-terme ont conduit à une fragilisation des sols et à leur appauvrissement. La terre autrefois fertile est désormais morte et n’est même plus capable d’absorber suffisamment d’eau.

Le BRF résout tous ces problèmes et sans aucun apport chimique. La technique reste somme toute relativement simple. Un agriculteur français, Jacky Dupéty, a décidé en 2003 d’appliquer la technique du BRF dans son exploitation située sur les causses du Quercy, dans le Lot. Il explique clairement sa démarche sur son site et dans des conférences dont celle-ci effectuée à TEDx Paris en 2011 :

Voici donc les 4 étapes clés : D’abord, il faut couper les rameaux et branches qui ont un diamètre inférieur à 7cm. Après les avoir regroupées en tas, il faut procéder au broyage afin d’en faire des petits morceaux qui vont ensuite être épandus sur la terre sur une couche de 3 à 5cm d’épaisseur. Après quelques mois, le BRF doit être incorporé dans les 10 premiers centimètres du sol.

Jacky Dupéty a pu, grâce à cette technique, cultiver des légumes réputés impossibles à obtenir sur les causses. Les tomates, carottes, poireaux, font désormais partie intégrante de sa production.

La révolution des rameaux

On sent bien l’importance d’une telle technique sur l’agriculture dite « moderne ». Le premier enjeu qui vient à l’esprit est évidemment écologique. Le BRF permet de renoncer à toute sorte d’intrants et produits chimiques. Le sol s’occupe de tout. Plus besoin d’épandre des pesticides ou des engrais. Plus besoin également d’arrosage. C’est une véritable économie pour les agriculteurs. Vous vous posez sûrement la question du rendement. Il est vrai que l’industrie agroalimentaire a fait tellement de lobbying pour démontrer que la méthode optimale était celle de la chimie… Et bien c’est un mensonge éhonté. Avec le BRF, les rendements sont de 100 à 170 % supérieurs ! Toutes les études des canadiens montrent que le BRF est la solution offrant les meilleurs résultats en terme de rendement. Et la qualité des légumes est nettement supérieure. Le taux de matière sèche est beaucoup plus important que dans les cultures classiques. Le goût est donc plus prononcé.

Mais au delà de cet intérêt écologique évident, l’enjeu pourrait être encore plus important dans les pays défavorisés et désertiques de l’Afrique. Des projets sont menés dans ces pays où la faim et la pauvreté fait rage. Edmond Zongo, agroforestier burkinabé, s’est investi dans la promotion du BRF au Burkina Faso. Il a étudié les impacts de cette technique dans son pays et a montré que les rendements étaient supérieurs et que des économies considérables pouvaient être réalisées grâce à l’absence de produit chimiques et d’arrosage. Grâce à cette méthode, les paysans peuvent redevenir auto-suffisants et vendre leurs surplus. C’est un enjeu crucial pour lutter contre la pauvreté dans cette région défavorisée.

Une agriculture repensée

Le BRF a cependant des limites qu’il est nécessaire de prendre en compte. Premièrement, l’approvisionnement en BRF est une question cruciale qui peut amener à des dérives. Si le BRF se généralise, certains pourraient être poussés à défricher des parcelles entières de feuillus afin de s’approvisionner en rameaux. On pourrait ainsi perdre tout l’intérêt de cette technique. Il convient alors de repenser l’agencement de l’exploitation. Au lieu d’avoir des champs à perte de vue comme c’est le cas aujourd’hui, on pourrait imaginer des rangées d’arbres ou de haies disposées régulièrement sur le champ cultivable. Cela apportera la matière nécessaire pour le BRF. Notons que l’application des rameaux sur le sol se fait une fois tous les 5 ans. On pourrait donc envisager le retour à des espaces du type bocager.

Le deuxième point d’interrogation vient à la méthode de broyage. La méthode manuelle avec une machette, telle qu’elle est appliquée en Afrique risque fort d’être décourageante pour les grandes surfaces agricoles. Évidemment, il est nécessaire d’avoir recours à un broyeur. Mais le risque est de voir apparaître dans quelques années une multitude de ces machines à devoir détruire ou recycler en partie quand elles seront usées. Le coût de ces engins peut aussi être un frein important pour certains. Il serait intéressant de s’organiser en collectifs. Au lieu d’avoir une machine pour chaque exploitant, un regroupement par commune ou associations pourrait être judicieux.

 

Le BRF permet une réelle révolution de notre système agricole actuel. Les agriculteurs pourraient enfin renoncer à leur dépendance envers l’agro-industrie tout en gardant voire augmentant leurs rendements. Nous pourrions aussi lutter efficacement contre les déséquilibres alimentaires dans le monde en permettant aux pays défavorisés de retrouver une économie agricole performante. Reste à convaincre la population que l’industrie agroalimentaire ment afin de protéger ses propres intérêts et qu’une solution plus pérenne et plus respectueuse à la fois de notre santé et de la biodiversité existe…

Article publié initialement sur http://www.excentrz.fr

PSES 2013 : des confs, des barbus et des chatons

pses1Le week-end dernier se déroulait Passage En Seine 2013 à la Cantine à Paris. Pendant quatre jours, les conférences et ateliers se sont succédés sur des thèmes allant de l’éco-habitat à la surveillance abusive…

J’y suis allé vendredi et je n’ai pas été déçu. J’ai d’abord été impressionné par le nombre de personnes que j’ai pu croiser là-bas. Beaucoup de hackers, hacktivistes mais aussi quelques « figures » du net comme Benjamin Bayart ou Laurent Chemla. C’était étrange de mettre des visages sur certains pseudos mais passons aux choses intéressantes : le programme.

J’ai d’abord suivi une conférence sur ce que j’appelle l’éco-habitat. Michèle Turbin nous a présenté un projet d’habitation ayant pour but de lier l’Homme et la nature. Grâce à des matériaux et techniques peu énergivores et à un aménagement réfléchi des différents espaces, ces architectes souhaitent mettre en place un nouveau modèle d’habitat qui respecterait la nature et renforcerait le lien social.

La deuxième conférence proposée par Numendil démontrait que nous voulions tous finalement préserver une part de vie privée et faisait tomber le mythe du « Je n’ai rien à cacher ! ». On me rétorque souvent quand je parle chiffrement des mails ou sécurisation des données que « de toute façon, je n’ai rien cacher ». Et souvent, il est dur de démontrer l’inverse à ces personnes. On tombe souvent dans un dialogue de sourd et ça ne fait rien avancer. Cette conférence fera sûrement changer d’avis à certains.

Les autres présentations qui m’ont marqué sont celle de Turblog et sa @maisonquitweet, tant par l’ingéniosité de son système de domotique que par le charisme du monsieur (je vous conseille vivement de regarder ses conférences), celle du collectif Sous Surveillance qui lutte contre la surveillance abusive et généralisée dans les espaces publics (leur boulot est assez impressionnant), et celle de Benjamin Sonntag qui nous donnait une solution pour enfin mettre une bonne fessée aux spammeurs qui nous pourrissent nos boites mail avec son outil Spamker.

J’ai malheureusement dû quitter Paris en début de soirée en ayant un goût de peu. J’aurais voulu parler à beaucoup plus de personnes même si j’en ai croisé déjà quelques-unes. Mais le temps m’a manqué…

Heureusement l’ensemble des conférences est disponible sur le net et je vous conseille vivement d’y jeter un œil. Il y a de vrais perles. Je n’ai pas encore pu toutes les visionner mais je peux déjà vous recommander celle de Notre Dame des Landes, celle de Kitetoa « Daisy’s underware » et celle de Jeremie Zimmermann de la quadrature du net. J’ai de quoi occuper mes soirées vidéo pendant un moment et si je trouve le temps, je vous referai peut-être un petit résumé des confs qui m’auront le plus marqué.

eXcentr13: un Politic Hacklab. Késako ?

Désolé pour mon absence sur ce blog depuis quelques jours, mais j’ai une excuse: je vous préparais de la lecture, beaucoup de lecture sur un autre site: http://www.excentrz.fr

eXcentr13 est un Politic Hacklab dont je fais partie avec d’autres Hackers. Vous commencez à connaître désormais la signification du terme Hacker, je ne vais pas vous embêter avec un nouveau pavé de 20 lignes. Oubliez juste le terme Pirate et vous aurez déjà fait un grand pas.

Le but de ce Hacklab est d’une part de relayer et partager des initiatives et projets novateurs dans des domaines tels que l’économie, l’agriculture, la politique mais aussi de proposer des prototypes permettant de faire bouger notre société.

Depuis la création de ce blog, il y a une idée qui reste ancrée dans mes différents billets: notre système économique, financier, politique, démocratique est en pleine crise et s’entête à rester dans une voie sans issue. Il est nécessaire, vital et urgent de sortir de cette situation où tous les acteurs de notre société sont dans une attitude d’attente. Si nous voulons autre chose, si nous voulons plus de justice, plus de liberté, plus de démocratie, alors proposons et créons notre système.

Voilà l’idée centrale d’eXcentr13. Arrêtons d’attendre. Arrêtons de vouloir gagner du temps. Il est temps d’agir, de nous réapproprier cette société pervertie par une minorité. Et des solutions, il y en a. Nous nous efforcerons de vous le démontrer.

Alors, je vous donne rendez-vous sur eXcentr13 et excusez d’avance mes périodes d’absence sur ce blog…

France 2 pris en flag de FUD

Ça faisait longtemps que je n’avais pas regardé un JT à la télévision. Normal me direz-vous lorsqu’on n’a pas de TV. Mais cette semaine j’étais en vacances avec de la famille. Je lisais tranquillement le dernier livre de Stiglitz lorsque la présentation du sommaire du JT de France 2 m’a interrompu (impossible de trouver le replay de ce JT de 20h du 01/11/2012, étrange…).

Attention, une météorite menace de frapper la Terre. Houlalala ! Tremblez, fuyez, courez vous réfugier, dévalisez la supérette du coin et faites des provisions. La fin du monde est proche, nous allons tous mourir. Ah mais attendez, des experts nous présentent des moyens de détourner l’astéroïde (ou météorite, je ne sais plus la différence). Qu’ils sont forts ces scientifiques. Donnons leur plus d’argent. Faisons leur un don. Payons plus d’impôts pour qu’ils nous sauvent de cette catastrophe imminente.Mais à la fin de ce terrible reportage, une petite phrase arrive : aucune météorite ne menace directement la Terre.

Mince ! Mais à quoi sert ce terrible moment de pure investigation si au final, il n’y a aucun risque pour notre chère planète ? Serait-ce pour nous faire peur ?

On appelle cette stratégie le FUD : Fear, Uncertainty and Doubt ou Peur, Incertitude et Doute. On cherche à susciter de l’angoisse chez le téléspectateur. On lui fait peur tout simplement. Car la peur permet d’avoir un certain contrôle sur l’individu. Vous l’effrayez puis vous lui donnez les moyens de se rassurer en consommant par exemple.

Et ce même jour, France 2 n’y est pas allé de main morte car elle a continué son travail de sape avec un reportage sur les Hackers. Attention mesdames et messieurs, les vilains hackers implantés en Roumanie vous veulent du mal. Il vont vous voler tout votre argent. Ce sont de véritables pirates, des cybercriminels. S’en suivent des images de jeunes roumains conduisant des grosses berlines…

D’abord, on pourrait mettre quelques baffes aux journalistes rien que pour avoir assimiler les Hackers à des pirates informatiques. Mais même au delà de ça, les criminels du cyber-espace désignés dans ce reportage qui fait peur n’étaient pour moi que de simples escrocs de bas-étage qui écrivaient de fausses annonces sur des sites marchands. Rien qu’un adolescent moyen ne puisse faire en gros. Pas besoin de compétences en informatique pour faire ça.

Bref, du FUD, du FUD, et encore du FUD !

Ce JT a renforcé ma conviction que les grands médias sont vraiment devenus des ramassis d’infos poubelle. Tout n’est que superficiel. Aucune analyse n’est proposée. Aucune explication intéressante. Finalement, je suis heureux d’avoir bazardé ma TV et d’avoir économisé la jolie somme de la redevance télévisuelle !

Vivons heureux, vivons chiffrés !

Aujourd’hui, nous allons causer sécurité des données et plus particulièrement de chiffrement. Les différentes tentatives d’intrusion dans notre vie privée provenant des gouvernements les plus puissants du monde nous poussent à réfléchir sur les moyens de lutter contre l’espionnage éventuel des données que l’on envoie ou que l’on stocke sur notre ordinateur. Quoi ? Parano ? Hermite barbu ?

INDECT, ACTA, CETA, LOPPSI… Ces acronymes ne vous évoquent rien ? Ce sont à chaque fois des accords ou lois essayant de limiter notre liberté d’expression et de permettre une intrusion poussée dans notre vie privée. Je vous invite à visiter le site de la Quadrature du Net http://www.laquadrature.net/fr pour en savoir plus sur les différents dangers qui planent au dessus de nos claviers.

Si l’on ajoute à ces tentatives légales, les petits futés qui s’amusent le dimanche en sniffant le réseau de leur immeuble pour essayer de pénétrer dans votre PC pour regarder vos photos de vacances passées avec tante Clotilde à Concarnot, il y a de bonnes raisons de vouloir se protéger.

Vous vous dites que vous n’avez rien à cacher et que vous vous fichez un peu de tout ça ? Pourquoi s’embêter à chiffrer ? C’est vrai, vous n’avez sûrement rien à cacher. Mais quand vous voudrez cacher quelque chose et que d’un coup vous chiffrerez un mail, ça se verra tout de suite. Alors que si vous chiffrez tout ce qui bouge, tout de suite, c’est moins évident. Et je vous laisse deviner si tout le monde se met à chiffrer ses données !

Mais comment fait-on ? Ça doit être trop dur, réservé aux nerds barbus? Et bien pas du tout ! Et comme je suis sympa, je vais même vous donner des pistes.

D’abord, je vous conseille d’utiliser des logiciels libres et donc un OS libre. Oubliez donc Windows et Apple et passez du bon côté de la force : Linux. Aie, je suis en train de vous perdre dès la première ligne. Non, restez encore un peu… Premièrement Linux, ce n’est pas si compliqué. Il y a maintenant des systèmes d’exploitation comme Ubuntu qui sont simples comme tout et dotés d’une interface graphique au même titre que Windows ou Apple. Deuxièmement, si vous voulez gardez votre bon vieux Windows, pas de soucis, il y a moyen de s’en sortir.

Commençons donc par les mails.

Il est possible grâce à GPG de signer et chiffrer ses mails afin d’abord de vérifier l’intégrité du message et de l’expéditeur mais également de rendre illisible vos messages aux personnes indésirables. Si vous voulez plus d’infos sur GPG, allez sur Wikipediahttps://fr.wikipedia.org/wiki/GPG.

Ce logiciel repose sur un système de clés. Lors de l’installation, vous serez invités à créer votre paire de clés : une clé publique et une clé privée. La clé publique sera celle que vous communiquerez à vos contacts afin qu’ils puissent vous envoyer des mails chiffrés (vous pouvez aussi la déposer sur un serveur pour que tout le monde puisse vous trouver facilement). La clé privée est à garder précieusement et à ne surtout jamais communiquer. Elle vous servira à déchiffrer vos données.

Quand vous souhaiterez envoyer un mail, vous chercherez donc la clé publique de votre destinataire, vous l’importerez dans votre logiciel (elle sera stockée une fois pour toute) et vous choisirez de signer et/ou chiffrer. Si vous signez uniquement, le message pourra être lu par un tiers. Mais le destinataire poura vérifier que c’est bien vous et que le message n’a pas été altéré ou modifié. Si vous chiffrez, il sera impossible de lire le message sans la clé privée du destinataire.

Si vous êtes sous Windows, il existe GPG4Winhttp://www.gpg4win.org/ qui est très complet et d’une simplicité extrême ! Je l’ai testé et j’ai tout compris direct donc vous devriez y arriver ! Il inclut un client de messagerie qui remplacera votre bon vieux Outloock. Ou alors, si vous êtes sous Thunderbird, vous pouvez télécharger le plugin Enigmailhttp://www.enigmail.net/download/.

Si vous êtes sur Ubuntu, c’est encore plus simple. GPG est déjà inclus. Il vous reste à installer Enigmail et à le configurer sur Thunderbird.

Notez que GPG peut aussi servir à chiffrer de simples fichiers.

Ensuite, les messageries instantanées.

Pour vos Chat sur Live Messenger ou Google Talk, il existe aussi une solution à vos problèmes. Là encore, c’est assez simple. Et vous pouvez le faire quel que soit votre OS. Il s’agit d’OTR pour Off The Record. Avec ce logiciel, vous pouvez discuter librement sans crainte. Il permet de chiffrer vos conversations et de vous authentifier. Ainsi, vous serez assurés de parler à la bonne personne et que personne d’autre ne pourra lire ce que vous écrivez.

Le plus simple est d’installer le client de messagerie Pidgin http://www.pidgin.im/download/disponible sous Windows, Linux et même Mac et d’y ajouter le plugin OTRhttp://www.pidgin.im/download/. Sous Ubuntu, il faut installer le paquet « Hors Micro »pour Pidgin. La traduction française est un peu spéciale… Une fois que c’est installé, il vous faudra le configurer. Vous générerez les clés pour chacun de vos comptes (Facebook, MSN, Google, etc…). Désormais, vous pourrez lancer une conversation privée et vous authentifier. Par contre, il est nécessaire que votre interlocuteur ait installé également OTR.

Enfin, vos données stockées.

Si vous n’avez pas envie que vos photos de vacances soient à la merci de tout le monde, il est possible de chiffrer vos données sur votre ordinateur. Pour cela, il existe un logiciel qui s’occupe de tout à la perfection : TrueCrypthttp://www.truecrypt.org/downloads.

Ce logiciel va vous permettre de chiffrer le contenu d’un dossier, d’une clé USB ou même d’une partition complète de votre disque dur. Il vous offre des solutions de chiffrement très poussées. Vous pouvez même décider de créer un dossier caché entièrement chiffré. Dans ce cas, non seulement vos données sont illisibles mais en plus elles sont difficilement trouvables sur votre PC.

Et encore une fois, je le répète, c’est très simple. Tout vous est expliqué, vous suivez pas à pas les étapes et vous n’aurez pas de soucis . Le plus facile pour commencer est de créer un dossier chiffré. Vous indiquez la taille voulue pour le dossier (par exemple 500Mo), son nom, même son extension (vous pouvez décider de le cacher sous une extension .jpg par exemple). Vous décider de l’algorithme de chiffrement à utiliser et vous rentrez votre mot de passe. Et voilà, vous avez une espace sécurisé sur votre ordinateur pour stocker vos données.

 

Voilà pour aujourd’hui. Bien sûr, ce n’est qu’un bref aperçu des possibilités. Mais ce sont celles que j’utilise donc je parle en connaissance de cause. En ce qui concerne Ubuntu, je vous ferai peut-être un petit tuto pour passer de Windows à Ubuntu dans soucis si ça vous intéresse. Et désormais, je vous indique dans la sidebar du blog comment me contacter avec ma clé GPG disponible. Vous pourrez donc m’envoyer tous vos mots doux sans aucune crainte…

Bonne séance d’installations et à bientôt !

 

Le Retour

Il est temps pour moi de revenir sur ce blog que j’ai laissé aux mains de Justin Beanber un peu trop longtemps. Pour ceux qui me suivent sur Twitter, vous avez peut-être vu que désormais j’interviens chez Alcuinn. Je continuerai à écrire là-bas de temps en temps.
Cette période de transition était nécessaire pour plusieurs raisons. Je ne vous les détaillerai pas ici, ce serait trop long et inintéressant pour vous. Sachez juste que la machine est repartie et qu’elle ne devrait plus s’arrêter avant un moment. Prévoyez donc à boire et à manger et installez-vous confortablement.

Pendant ces longues semaines d’absence, j’ai eu plusieurs idées de billets. L’actualité a encore prouvé de maintes fois que notre société était enfermée dans un immobilisme conservateur suicidaire. Les annonces des divers plans de sauvetage de l’Espagne, les déclarations de la BCE, la politique du grand changement invisible de notre nouveau président…

Si vous avez suivi de loin tout cela, je peux vous la résumer en une seule phrase:

On vous emmerde, nous sommes la caste dirigeante, nous savons ce que nous devons faire, rien à cirer de ce que vous nous dites, on continue dans le même direction.

Voilà en gros le résumé de 3 mois d’actu économique, politique et financière.

La pire des décisions reste l’austérité que les dirigeants européens veulent nous asséner à coup de vidéos d’Angela Merkel. Nous devons nous serrer la ceinture, accepter l’inacceptable. Pour quoi? La bonne question est pour qui? Pour pouvoir continuer d’engraisser une petite minorité de personnes incompétentes accrochées à leur siège.

Car sachez-le, austérité ou pas, le modèle actuel est voué à l’échec. Rien que le système du MES est d’une absurdité sans nom. Le MES est censé être le sauveteur des pays européens en difficulté financière. Sauf que ce MES est financé par ces mêmes pays en difficulté financière… Voilà un bon exemple qui illustre à quel point nos dirigeants et leurs amis se fouttent bien du peuple.

Il est nécessaire dès maintenant d’oublier ces zozos qui veulent nous gouverner et nous imposer leurs décisions idiotes. Non pas pour fermer les yeux sur ce qui se passe, surtout pas! Mais plutôt pour construire en parralèle notre nouveau système. On parle souvent des hackers en mal. Ce sont de vilains pirates sans foi ni loi, prêts à tout pour vous dérober vos coordonnées bancaires. Et bien, sachez que vous devriez vous documenter un peu plus, chercher un peu ce que Hacker veut dire. Et une fois que vous l’aurez fait (en 2 minutes et 3 clics, ça devrait être terminé), je vous propose de hacker notre belle société.

Voilà ma solution. Hackons cette société ancestrale et immobile pour en faire quelque chose de vivant, de connecté, de participatif. Pour cela, rien ne sert d’avoir un quelconque pouvoir. Non, tout commence dans votre façon de consommer, de vivre, de penser dans votre propre maison. Ca vous paraît fou? Alors, restez connecté et vous en saurez bientôt plus…