Mais WTF !

Badaboum! Les résultats sont tombés. Après des mois d’attente interminables, je suis enfin fixé: la France est Conne ! Enfin non j’exagère, près de 25% des français sont soit cons, soit racistes, soit les 2. Allez, j’abuse encore puisque ce sont 25% des non-abstentionnistes qui le sont. Merde, ça diminue pas mal mes statistiques tout ça vu que l’abstention se porte à près de 57% aux dernières élections européennes.

Oh mais attendez, du coup, l’abstention gagne les élections avec la majorité absolue! C’est fun ça. Imaginez un peu. 74 sièges vides au parlement européen dus à l’abstention française. Vu que l’abstention dans les autres pays est sensiblement la même, nous avons donc une victoire par K.O. de l’abstention, le parlement est rempli de fauteuils vides. Belle victoire, applaudissons bien fort l’abstention pour sa campagne électorale exemplaire. Vous devez être fière de vous. On peut même imaginer son interview:

-Que pensez-vous de vos résultats extraordinaires lors de ces élections?

– Je m’abstiens de tout commentaire.

– Très bien merci.

Non sans blague, revenons au sujet initial: la victoire nette et franche du FN en France. Ils ont quand même réussi à faire un beau 25% qui tâche. L’UMP récolte un 21% honorable au vu des casseroles qu’il traîne derrière lui. Et le PS est à la traîne avec un 14.5% lourd de sens. Alors honnêtement, ces résultats me choquent et provoquent le relâchement de mon sphincter œsophagien inférieur et de mon œsophage entier expulsant ainsi tout le contenu gastrique. En d’autres termes, j’ai envie de vomir… Je m’attendais à une percée fulgurante du FN. Mais de là à le voir en tête et loin devant, ça me révulse. Et après y avoir bien réfléchi, je ne comprends pas.

L’abstention, je la comprends. Les gens en ont marre de voter pour du vent. Ils voient bien que rien ne change entre bonnet blanc et blanc bonnet. Ils ont préféré profiter du soleil et de leur maman, ok ça je comprends.

Le vote FN, je comprends moins. D’autant moins, lors d’une élection européenne. Non mais sans blague, leur profession de foi ne parlait que de la France et d’abolir l’Europe. Pourquoi donc vous présentez-vous pour être député européen si vous haïssez l’Europe. Je sais pas moi, mais c’est un peu contradictoire. Ou alors, vous voulez juste un beau salaire et un logement de fonction pour pouvoir financer votre haine? Moi si je suis contre la tauromachie, je ne vais pas devenir torero. A l’extrême droite, ça ne les dérange pas.

Passé cette contradiction, je ne comprends toujours pas l’intérêt des français pour ce parti aux racines racistes et antisémites. Oui, ne l’oublions pas, derrière le sourire crispé de Marine, il y a l’oeil de verre de Jean Marie avec ses répliques bien senties sur les juifs, la Shoah, etc… On me souffle dans l’oreillette que les français veulent du changement et qu’ils en ont ras-le-bol des politiciens. D’accord, c’est vrai, moi aussi. Mais je n’ai pas voté FN. Full disclosure: j’ai voté Nouvelle donne.

Tout réside donc là: le FN incarne, pour la majorité des français (hors abstentionnistes), le changement et l’espoir d’une classe politique meilleure, d’une vraie démocratie, d’une économie florissante… Ahem… Sérieusement? Vous y croyez vraiment? Vous croyez réellement que Marine va nous sortir de la crise en rétablissant des postes douaniers aux frontières et en instaurant un marché français privilégié refusant les biens et marchandises étrangères? Vous croyez vraiment qu’en abolissant les aides sociales aux plus pauvres et démunis au seul titre qu’ils sont étrangers ou qu’ils ne travaillent pas durs va nous ramener des milliards? Vous croyez vraiment que le FN va œuvrer pour votre liberté d’expression et utilisera les services de police et de renseignement en toute transparence?

Si vous croyez cela, les militants FN sont vraiment très forts. Ils ont réussi à vous faire rentrer dans le crâne uns sacré paquet de conneries. Parce que oui, ce sont des conneries dignes du voyant-magnétiseur qui m’a laissé un flyer sur mon pare-brise m’expliquant qu’il pouvait me rendre heureux, fort, sexuellement supérieur tout en éradiquant les démons de mon corps (Big up à toi Mamadou!).

D’autres me disent qu’une phase FN est nécessaire pour tout assainir. Il faut en passer par là pour retrouver ensuite une vraie bonne démocratie. Ainsi, m’expliquent-ils avec leur air sérieux et intellectuellement supérieur, qu’il faut passer par une dictature ou un régime fasciste pour permettre au peuple de se révolter et de faire naître une nouvelle politique plus respectueuse et démocratie. Alors là, je suis sur le cul. J’applaudis avec force cette idée merveilleuse. Cassons tout, brûlons tout et tant pis pour les dommages collatéraux. Ces gens là sont quand même prêt à prendre de sacrés risques pour un avenir plus qu’incertain. C’est à la limite de la folie là. Il faudra demander à Dr Rufo son avis sur la question.

Du coup, j’ai des envies d’expatriation. Oui, je suis un mec lâche qui n’aime pas son pays. Mais bon, après avoir regardé autour de moi, j’ai vu que ces idées étaient quand même assez répandues. L’extrême droite est à la mode semble-t-il. A moins que la bêtise soit contagieuse… Serait-ce une maladie? Comment se transmet-elle? Est-ce génétique? Dr Rufo, revenez, on a d’autres questions…

Non sérieusement, j’ai quand même peur. Peur de ce qu’on va devenir. parce qu’au final, il y avait des alternatives. J’ai cité Nouvelle donne. Bon ce n’était pas parfait. Mais il y avait des bonnes idées: non cumul en quantité et en durée, un poil de tirage au sort, un chouïa de revenu de base, un retour à l’agriculture paysanne, et j’en passe… Pour le coup, c’était une alternative à la politique de papy. Il y en a qui se remuent et qui inventent, J’en ai rencontré des passionnés qui avaient de supers idées et une motivation à revendre. Mais tant qu’on préférera voter FN au lieu de les écouter, ça ne pourra qu’empirer.


 

Amis électeurs du FN, ne le prenez pas mal hein, ne me reniez pas hein, faut rigoler… ou pas.

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La nouvelle PAC est arrivée, toujours aussi amère

20101102_europeEn juin dernier, la Politique Agricole Commune (PAC) a enfin été réformée après plusieurs années de négociations acharnées entre les 27 pays de l’Union Européenne. L’objectif était de rendre la PAC plus verte et plus équitable tout en maintenant les objectifs de productivité. Au final, les textes finaux manquent d’ambition et laissent place à une disparité entre les pays européens.

Une réforme nécessaire

Le système des aides actuel est basé en grande partie sur les surfaces agricoles. Ainsi, plus vous possédez d’hectares, plus vous toucherez une grosse enveloppe de Bruxelles. Le prix moyen à l’hectare en France était en 2010 de 268€. Les agriculteurs sont donc poussés à s’agrandir et à acheter de plus en plus de terres pour percevoir un maximum d’aides. Les grandes exploitation sont donc favorisées au détriment des petites fermes qui disparaissent peu à peu entraînant avec elles des destructions d’emploi et une perte de savoir-faire.On assiste à une vraie course à l’hectare entre les exploitations. La répartition des aides est alarmante: 6% des exploitations perçoivent à elles seules 21% du montant total des aides. Par contre, les petits exploitants avec moins de 50 ha doivent se partager 13% des aides alors qu’ils représentent 46% des exploitations françaises.

Il n’est pas étonnant de constater dès lors que la majorité des cultures se portent vers le mais, le colza, le blé… Ce type de culture convient parfaitement à ce système privilégiant l’hectare à la qualité. La PAC ancienne génération était un vrai moteur pour l’agriculture dite industrielle ou conventionnelle. Les agriculteurs investissaient dans des équipements flambant neufs et achetaient des terres pour pouvoir les financer. Comme les cours des céréales sont plutôt avantageux comparés aux autres cultures, ils abandonnent peu à peu la polyculture et se spécialisent. C’est ainsi que l’on a vu disparaître de nombreuses espèces de légumes et plantes en Europe. D’une part à cause de l’arrêt de petits paysans et d’autre part à cause de la prédominance de la monoculture (on verra dans un autre article que ce ne sont pas les seules raisons…)

Les conséquences de cette agriculture industrielle sont désastreuses pour la biodiversité mais également pour la qualité des aliments qui sont toujours plus arrosés de produits toxiques en tous genres. L’objectif de l productivité maximale a fait perdre de vue le but premier de l’agriculture: nourrir la population avec des aliments sains. Désormais on cultive des plantes malades sur une terre morte qui fourniront des aliments toxiques (un article viendra étayer ce triste constat…). Voilà la logique de la PAC actuelle.

La PAC à la carte

Le 26 juin dernier, les politiques européens ont donc réussi à trouver un accord sur une nouvelle PAC. Mais l’on sent bien le poids des marchés et de agro-industrie dans cette nouvelle mouture.

D’abord, les marchés donc. Depuis 1992, l’agriculture européenne est entrée dans la mondialisation. Pour maintenir une certaine protection des prix, des quotas avaient été instaurés et permettaient ainsi de protéger les agriculteurs contre les variations des prix trop importantes. Mais les marchés ont fini par avoir raison de ce système qui faussaient soit-disant la concurrence. Les quotas laitiers ont été revus peu à peu à la hausse pour disparaître totalement en 2015. C’est une des raisons de la crise du lait que nous connaissons depuis ces dernières années. Cette nouvelle PAC réaffirme la suppression progressive des quotas laitiers et sucriers. Encore une victoire des marchés sur l’agriculture.

Ensuite, l’ agro-industrie. Certains pays militaient pour un verdissement de la PAC. Le système de subventions adossées à l’hectare a montré ses limites et un système privilégiant la culture biologique était proposé. Le résultat est assez risible. Il y a bien un volet verdissement mais les obligations pour les agriculteurs sont assez minces: 30% des aides seront conditionnées à une diversification des cultures et à la mise en place de zones d’intérêt écologique. Mais les proportions sont faibles. Au delà de 30ha, 3 cultures différents devront être présentes sachant qu’une seule culture pourra aller jusqu’à 75% de la surface et les deux principales jusqu’à 95%. Pour la zone d’intérêt écologique, l’obligation ne porte que sur 5% de la surface. Autant dire que c’est un vert très pale que nous propose cette PAC 2.0.

Le système de l’aide à l’hectare reste donc en place mais avec le souhait de mieux harmoniser et de rééquilibrer les subventions entre agriculteurs. On a vu que les grandes exploitations céréalières étaient favorisées par rapport à un éleveur de chèvre par exemple. Désormais, une certaine convergence devra exister afin de rendre l’élevage plus attractif. L’objectif étant d’arriver en 2019 à 60% de la moyenne nationale tout en limitant la perte à 30%. Cela veut dire que les céréaliers verront leur aide à l’hectare diminuer au profit des éleveurs afin de converger vers la moyenne nationale. Une convergence à 100% veut dire que chaque agriculteur perçoit la même aide à l’hectare. Tout ceci est expliqué dans ce PDF.
Mais pour ne blesser personne, chaque pays sera libre d’adapter à sa façon les mesures prises par Bruxelles. Certains pays se contenteront donc du strict minimum et continueront à favoriser les grandes cultures conventionnelles. D’autres seront plus ambitieux et iront plutôt dans le sens d’une agriculture raisonnée et plus juste. La France continue de tâtonner (cf. pdf précédent). Elle envisage une rémunération plus forte des premiers 50ha ce qui permettrait de réorienter un peu la balance.

 

Cette nouvelle PAC semble encore une fois avoir abdiqué devant les grands lobbys de l’agro-industrie. Certes, elle ouvre la voie à des pratiques plus écologiques et cherche à réduire les inégalités mais elle ne va pas assez loin. Elle reste fermement attachée à l’économie de marché et ne souhaite pas entendre les revendications des paysans qui s’efforcent avec beaucoup de mal à produire de bons produits de qualité en dehors du système conventionnel voué à l’échec. L’agriculture paysanne reste encore et toujours menacée de disparition et avec elle, notre terroir, nos traditions et notre santé.

Teikeis et AMAP : la nouvelle relation Producteur-consommateur

teikeiLa mondialisation a complètement transformé le lien qu’avait le consommateur avec le producteur. Désormais, rares sont ceux qui s’inquiètent de l’origine des aliments présentés dans les rayons des grandes surfaces. Le circuit de distribution est devenu un enchevêtrement d’intermédiaires qui ont réussi d’une part à augmenter les prix de vente et de l’autre à appauvrir (si ce n’est asservir) l’agriculteur. Face à ce constat désarmant, les AMAP en France et les Teikeis au Japon sont une bouffée d’oxygène pour ceux qui souhaitent sortir de ce système.

 Une initiative japonaise

C’est au Japon que l’alternative à cette agriculture mondialisée et normalisée est apparue via les Teikeis (Partenariat en français). Dans les années 1960, les japonais ont dû faire face à la propagation des nouvelles pratiques agricoles dites à haut rendement. Les agriculteurs ont été poussés par le contexte économique de l’époque à produire davantage et ont donc introduit les engrais, pesticides et herbicides dans leurs cultures. Mais en parallèle, la population a commencé à s’inquiéter des effets sur la santé de ces produits chimiques et ont été confortés dans leurs doutes avec la catastrophe de l’eau de mer polluée au mercure après une fuite dans une usine électrochimique.

C’est ainsi que sont nés les Teikeis. Ce sont des japonaises, mères de famille, soucieuses de l’avenir de l’agriculture qui ont eu cette initiative, rejoints par les petits producteurs refusant les nouvelles méthodes agricoles. Ils ont créé ensemble de petites communautés où le producteur fournissait directement aux consommateurs ses produits en échange de leur souscription à sa récolte. Pour simplifier, les consommateurs possèdent une part de la récolte de l’agriculteur qu’ils ont acheté à l’avance. Puis chaque semaine ou deux fois par semaines, ils viennent chercher les produits récoltés par le paysan. En échange de cette souscription aux récoltes, le producteur s’engage à ne pas utiliser de produits chimiques dans son exploitation. Ils ont ainsi mis en place une charte regroupant l’ensemble des principes fondateurs du Teikei.

Ce nouveau système agricole s’est ensuite exporté en Amérique du nord avec les CSA (Community Supported Agriculture) puis en France avec les AMAP (Association pour le Maintien d’une Agriculture Paysanne). En 2009, on comptait environ 1200 AMAP en France et leur nombre ne cesse d’augmenter.

Une toute autre philosophie

A première vue, on peut être tenté de réduire ce système à un simple circuit court de vente. Mais le concept est bien plus riche que cela. Comme l’atteste la signification même du mot Teikei, il s’agit d’un partenariat, d’une collaboration entre des consommateurs et des producteurs. Cette relation modifie d’ailleurs les rôles de chacun. Certains parlent d’ailleurs de consom’acteurs.

Les adhérents prennent part à la distribution en intervenant bénévolement dans la conception des paniers de fruits et légumes qui seront distribués à chacun. Mais ils participent également parfois aux récoltes. Il est courant, surtout au Japon, que les adhérents prêtent main forte au cultivateur afin de récolter les légumes qu’ils auront plus tard dans leur panier. Certains sont même prêts à remplacer l’agriculteur si celui-ci doit s’absenter ou est immobilisé par un soucis de santé.

Il ne s’agit plus ici de relation vendeur/client. D’ailleurs, le mot même de vente est souvent absent des discussions. Aucune somme d’argent n’est échangée lors de la remise des paniers puisque les adhérents achètent la part des récoltes au tout début et pour une période d’un an ou d’un semestre selon les modalités du contrat. Il s’agit plus d’une nouvelle forme de troc plutôt que d’une simple vente. Les japonais considèrent que l’argent versé en début d’année n’est que la juste rétribution du travail de l’agriculteur. Ils récompensent ainsi son labeur. En aucun cas, ils disent acheter leurs aliments.

Tout repose sur la confiance et l’entraide. Personne n’est là pour contrôler le contenu des paniers. Il n’y a pas de portique de sécurité sonnant à chaque étiquette suspecte suivi d’un vigile bourru vous ordonnant de vider votre sac. Le respect est une valeur centrale dans ces communautés. Respect de l’autre mais aussi respect de la biodiversité et de la santé.

Vous ne verrez pas dans les AMAP des tomates en décembre. Vous ne verrez pas non plus dans les hangars du producteurs des tonnes d’engrais ou de pesticides. La culture bio est le socle du système. Même si au Japon, tout repose encore une fois sur la confiance. Ils ne souhaitent pas passer par les instances de certification imposant parfois des règles qui ne sont pas adaptées aux particularités locales. Ils font confiance en leur relation fraternelle voire familiale. Certains teikeis ont mis en place leur propre organisme de contrôle afin de contrecarrer les tentatives de réglementation de l’Etat. De plus, la certification au bio a un coût qu’ils ne souhaitent pas avoir à supporter. En France, les AMAP insistent surtout sur le circuit court et la saisonnalité, moins sur le bio même si les principes de l’agriculture biologiques sont aussi souvent respectés. Ceci pour les mêmes raisons qu’au Japon. Les agriculteurs ne souhaitent pas forcément avoir le logo AB et devoir payer des sommes importantes pour la certification. Les prix restent donc raisonnables. Le producteur gagne un revenu décent en supprimant les marges des intermédiaires et le consommateur paye environ le même prix voir moins qu’en grande surface pour un produit de meilleure qualité.

La solidarité et l’entraide intervient également en cas de mauvaise récolte. L’ensemble des membres en assume les conséquences et soutient l’agriculteur.

 

Ces systèmes ont complètement hacké le modèle actuel de distribution des produits agricoles mais également la méthode de production. Mais au delà, on observe également la création d’un nouveau lien social. Et c’est finalement ce qui manque cruellement à notre société aujourd’hui. Mais la généralisation de ce système va à l’encontre des principes de la mondialisation. La population est habituée à manger des bananes et des tomates en hiver. Mais surtout elle s’est habituée à un certain confort (ou dépendance?) dans son acte d’achat. Pour certains, il est inconcevable de devoir aider son fournisseur et devoir partager ses pertes. Il reste un gros effort de communication et d’acculturation à produire. Mais les Teikeis et les AMAP nous montrent une nouvelle voie qui pourrait bien être notre échappatoire à cette course folle au rendement et au progrès instiguée par  l’agro-industrie.

Article initialement publié sur http://www.excentrz.fr

Démantèlement des centrales nucléaires: un documentaire alarmant

symbole_nucleaire_adhesif_rond-r2d6e8d37dae1495bbc7b397a03ac3064_v9wth_8byvr_512Mardi dernier, Arte diffusait un reportage intitulé : CENTRALES NUCLÉAIRES, DÉMANTÈLEMENT IMPOSSIBLE ? Le moins que l’on puisse dire est que le constat est véritablement alarmant.

Car oui, une centrale nucléaire a une durée de vie limitée. Mais qu’arrive-t-il lorsque son exploitation est terminée? Visiblement la question ne s’est pas réellement posée il y a quarante ou cinquante ans lorsque les premières centrales ont été construites. La question du démantèlement est une question nouvelle nous dit Corinne Lepage dans ce documentaire. Au bout de 30 secondes, on tombe déjà de haut !

Plusieurs centrales sont actuellement en cours de démantèlement en France. Mais les problèmes techniques ne cessent de s’accumuler. Les difficultés sont bien sûr dues à la radioactivité des différents éléments de la centrale. Le combustible bien évidemment mais également tous les matériaux qui ont été en contact direct ou indirect avec des matières radioactives. Cela représente des milliers de tonnes de déchets à retraiter.

Il faut d’abord démonter chaque pièce afin de pouvoir la traiter. Mais ce travail exige une certaine compétence liée aux risques encourus lors de la manipulation de tels déchets. Or, EDF fait le plus souvent appel à des prestataires qui ont même ont recours à d’autres prestataires et à la fin de la chaîne on ne sait plus très bien si le personnel est véritablement qualifié pour le travail en question ni si les conditions de travail seront à la hauteur. Un représentant de la CGT remarquait que la convention collective majoritaire chez le personnel était celle du nettoyage. On est loin du secteur du nucléaire. Pourtant les radiations de certains éléments restent très dangereuses. Les conséquences d’un mauvais démantèlement ne se verront que bien des années plus tard chez les ouvriers irradiés avec l’apparition de cancers ou autres graves maladies.

Une fois les déchets démontés, le problème reste de taille. La durée de radioactivité est de plusieurs centaines de milliers d’années. Or nous n’avons encore aucune solution fiable pour les retraiter. La solution actuellement envisagée est de stocker à long terme ces déchets hautement radioactifs sous terre à 500 mètres de profondeur dans une roche argileuse. Des kilomètres de galeries sont en train d’être percés pour pouvoir accueillir nos tonnes de déchets provenant de nos centrales. Mais les conditions de sécurité restent floues. La fiabilité d’un tel système n’est pas encore démontrée à long terme. Et d’un point de vue éthique, cela revient à laisser le bébé aux générations futures. Un autre film, Into Eternity, en parlait très bien avec le projet Onkalo en Finlande.

En attendant, tous ces déchets sont stockés temporairement dans les centrales. Personne n’a  encore de solution. Et la situation ne fera qu’empirer avec le vieillissement de notre parc et notre entêtement dans la voie du nucléaire. Ce film nous montre la dangerosité et l’urgence de la situation. Si ça pouvait pousser certains à planter une éolienne dans leur jardin…

La lecture de cet article ira très bien avec ce son de Kraftwerk

La presse persiste à s’abrutir de nullités

mediasHoura ! Oyé ! Le nouveau pape est arrivé ! La neige Commence à s’en aller !

Non mais sérieusement, que fait la presse en ce moment? Elle tourne en boucle sur le nouveau pape et sur les intempéries. Mais quelle est la valeur des ces 2 infos potins? Qui s’intéresse encore à la nomination d’un vieux bonhomme par d’autres vieux bonhommes en soutanes, à part les grenouilles de bénitier ? Pour un athée comme moi, j’avoue que c’est l’overdose mais même pour les croyants, je ne vois pas l’intérêt de rester en boucle, les caméras rivées sur une cheminée… 2 minutes au JT devraient amplement suffire. Les vieilles bigotes sont contentes et moi aussi.

Et quand ce n’est pas le vatican, c’est la neige. Houlala la neige est tombée du ciel. Houlala c’est tout blanc partout et même que ça glisse et en plus c’est froid. Non mais sans blague, j’avais pas remarqué ! Ah mais attends, peut-être qu’il y a une info exceptionnelle là-dedans. Hiver, neige, froid, verglas… Non rien d’extravagant, tout est normal. Mais on nous bassine quand même avec ça dans tous les journaux. Un angle pourrait être intéressant: pourquoi ne sommes-nous toujours pas préparés à ces évènements les plus banals ? Là oui, ça m’intéresse. Mais voir Paulo dans sa maison de campagne avec de la neige dans sa cour, je m’en fous royalement. Il suffit que je regarde par la fenêtre…

Mais voilà, la presse est devenue comme ça. Elle aime ces sujets à la con. Enfin, tant qu’il y a du monde pour les lire et les écouter…

Ce qui est dommage c’est qu’on passe à côté de plein de choses intéressantes sur l’économie, l’agriculture, la mondialisation, etc. Mais ça, c’est trop compliqué. Ça prend trop de temps pour pondre un article bien documenté. Non, une double-page sur la neige, c’est plus simple, plus rapide, plus efficace, plus rentable surtout.

Heureusement, certains font encore du bon boulot. Je suis tombé sur un documentaire d’un journaliste allemand sur la crise européenne. Il cherchait à comprendre qui payait et qui percevait réellement l’argent des aides européennes. La presse nous a toujours dit que la France et l’Allemagne étaient les sauveurs de l’Irlande, de la Grèce, de l’Espagne. Mais bizarrement, dans ces pays, la population ne voit pas les choses comme ça. Ben faut dire qu’on leur a demandé de nombreux sacrifices pour finalement aucune amélioration dans leur vie quotidienne. L’argent versé est passé où? Il est retourné en France et en Allemagne. C’est fou non? Mais chut, nous sommes des supers-héros sauveurs de l’univers. Je vous conseille de le regarder: « Quand l’Europe sauve ses banques, qui paye? ». Il est dispo sur Youtube ou alors si vous êtes chez Free, tenez, cadeau.

Allez, longue vie à François et vivement l’été !

Gaffe aux vagues et aux surfeurs

surfeurNon je ne suis pas devenu fou. Je sais bien que nous sommes en plein hiver et que ce n’est pas vraiment le temps rêvé pour faire du surf. Non, récemment j’ai vu le film Die Welle (La Vague en français). Et Reflets a publié une excellente série d’articles de Yovan Menkevick sur les sectes politiques et leurs gourous.

La Vague est un film allemand montrant que l’apparition d’un régime totalitaire est toujours possible même dans un pays avec une histoire si terrible que celle des allemands. Un professeur va ainsi embrigader ses élèves dans un mouvement autoritaire nommé « la vague ». Il va ensuite être complètement dépassé par l’ampleur des évènements  Loin d’être de la fiction, ce film s’inspire d’une expérience menée par un professeur aux Etats-Unis avec sa classe. Il avait ainsi créé « la troisième vague » en référence au troisième Reich et avait été tout aussi dépassé par l’attitude de ses étudiants et par leur implication dans ce parti autoritaire.

La série d’articles de Yovan est également très intéressante et rétablit quelques vérités qu’il est bon de lire. Il nous met en garde contre ces mouvements politiques qui se veulent près du peuple et qui nous proposent chacun la solution miracle à la crise actuelle. Car en grattant un peu, on s’aperçoit qu’ils ne sont jamais loin de l’extrême droite. Que ce soit Asselineau, Soral ou même Etienne Chouard qui entretient des relations pour le moins ambiguës avec des personnes comme Soral ou d’autres révisionnistes. Le néo-fascisme est en passe de devenir la seule alternative à notre système actuel. Et c’est en partie à cause de l’ignorance du peuple et de la désinformation qui est faite chaque jour.

Le néo-fascisme tire sur les bonnes ficelles pour attirer à la fois ouvriers, classe moyenne, souverainistes et extrémistes. Il n’est pas inimaginable que les prochaines élections soient marquées par une forte présence des ces thèses dans les urnes. Une présence au second tour est à envisager, une victoire à redouter.

Il est vrai que les forces politiques « traditionnelles » sont complètement dépassées. Elles ne veulent pas sortir du système actuel où la démocratie est devenue une illusion. Le peuple s’est vu confisqué le pouvoir par les élites. Les inégalités deviennent de plus en plus importantes. Pendant que le 1 % le plus riche continue de s’enrichir, les plus pauvres voient leur situation se dégrader un peu plus chaque jour. Et c’est bien normal car c’est le 1 % qui nous gouverne et qui s’est approprié le pouvoir.

On comprend donc le besoin de changement et cette attirance vers ce néo-fascisme nauséabond. Mais il existe pourtant d’autres solutions. Moins évidentes, il faut l’avouer. Mais beaucoup plus respectueuses de notre démocratie. LA solution, c’est d’y réfléchir ensemble en sortant des théories dominantes. Mais c’est bien là le principal problème : le « ensemble ». Car chacun aspire à avoir une meilleure condition sociale que son voisin. Chacun veut s’élever dans l’échelle sociale même si c’est au détriment de ceux qui sont en bas.

C’est donc à chacun de nous de se bouger et d’apprendre en priorité le « vivre ensemble », la notion de « société ». A chacun de nous de bien faire attention à la vague et aux surfeurs qui tentent de nous embarquer avec eux…

 

Papa Noël, Obelix et ma tante

oui-parfois-le-pere-noel-est-une-ordureNoël, ce n’est plus ce que c’était. La crise est passée par là et tout a changé. D’ habitude, la fin d’année est propice au don de soi, à la charité, à un certain regain d’humanisme. Ceux qui possèdent encore une TV sortent leurs mouchoirs devant les téléfilms américains de l’après-midi comptant une belle histoire d’amour sous la neige et les illuminations d’une avenue commerçante.

Mais cette année, tout fout le camp. Les pauvres peuvent crever. Les sans-abris peuvent bien geler. La neige et l’amour et les illuminations ne font plus pleurer. Cette année, papa Noël prend des airs de père fouettard.

C’est d’abord notre Gégé national qui a ouvert le bal. Sous fond de guerre civile à l’UMP, Gérard Depardieu a dû prendre peur pour son avenir, enfin surtout l’avenir de son compte en banque. Il a donc décidé de s’exiler en Belgique. Ras-le-bol des impôts. Ras-le-bol de la gauche qui veut me prendre tout ma thune. Rien à foutre des français. Rien à foutre de Noël.

Ah pardon, c’est vrai, il se soucie des français. Il le précise dans sa lettre au père Noël à Jean Marc Ayrault. D’ailleurs, il aime tellement la France qu’il a fait plein de films historiques. Si ça c’est pas une preuve en béton… Et puis, il a quand même versé 145 millions d’impôts en 45 ans le Gégé. Tu te rends compte ? Ah oui mais il a gagné combien ? Mince, il ne le dit pas ça…

Trop c’est trop, Gégé s’en va et préfère payer moins et empocher plus. Ah tiens, ça pourrait être un nouveau slogan pour l’UMP en perdition. Après le travailler plus pour gagner plus, Payer moins pour gagner plus.

Mais Gégé ne s’est jamais demandé pourquoi il payait tant. Il ne s’est jamais demandé à quoi servait ce fric. Il aurait dû demander aux intermittents du spectacle qu’il côtoyait tous les jours. Ils auraient peut-être pu le renseigner. Connaît-il le sens du mot « Social », la notion de partage et de justice ? Pas question de redistribuer, Gégé gagne beaucoup et veut tout garder. Non mais attendez, il a quand même dû verser 85 % de ses revenus en impôts en 2012. Ce qu’il ne dit pas, c’est qu’il possède un patrimoine tellement important que ça fausse tout de suite les calculs… Donc Au revoir Gégé, ou plutôt Adieu.

L’autre père fouettard, c’est le crédit municipal de Paris appelé aussi « Chez ma tante ». L’établissement de prêt sur gage va proposer à partir du 2 janvier prochain un prêt santé à un taux de 2,95 %, avec un plafond de 3000€ et sans dépôt d’objet en contrepartie pour un remboursement entre 6 mois et 3 ans. Bravo ma tante ! Vous faites là un grand geste pour les pauvres. Bah oui, selon ma tante, ¼ des français serait obligé de faire un prêt à la consommation pour pouvoir se soigner. Si l’on regarde l’affaire sous cet angle, effectivement, le CMP propose une offre alléchante comparé aux banques. Mais ce prêt santé sonne le glas de notre système de santé. Désormais, la porte est ouverte et pas de doute que beaucoup vont maintenant se précipiter pour proposer de nouvelles offres.

Et puis bientôt, vous verrez la consultation augmenter. Votre mutuelle (pour ceux qui peuvent encore s’en payer une) vous dira alors que vous n’avez qu’à faire un prêt santé pour payer la différence. Vous pouvez faire le deuil des soins intégralement remboursés. D’ici quelques années, nous devrons assumer une partie de plus en plus importante de nos frais de santé. Et on ne pourra plus rien dire car on disposera de prêts santé. Ah bien sûr le taux ne sera plus le même hein. Faut pas rêver… Envoyer tout de suite un mail à votre banquier et réservez dès maintenant votre prêt pour votre prothèse de hanche ou votre pacemaker, on ne sait jamais, il pourrait se montrer plus généreux…

Malgré toutes ces bonnes nouvelles, je vous souhaite un joyeux Noël. N’allez pas à la messe de minuit, jetez éteignez vos TV et ouvrez lez yeux. Bye les amis !